Un courant d’air dans un ouragan

De toutes les manières d’envisager la nouveauté, le déni est sans doute la pire. Mieux vaut se renseigner afin de pouvoir faire la part des choses et éclaircir une situation qui autrement nous échappe.

Ces quelques réflexions abordent le phénomène de l’intelligence artificielle d’un point de vue créatif, en prenant pour exemple l’écriture. Avec quelques nuances, elles s’appliquent aussi à la création musicale, picturale ou architecturale, soit partout où la patte d’un auteur demeure une valeur sensible.

  1. Interdire l’intelligence artificielle relève de la pure utopie, un peu comme vouloir interdire les avions. Mais il me semble essentiel que les gouvernements la réglementent, avec amendes salées à l’appui. Argent qui pourra être réinjecté dans la recherche ou l’éducation, pour le bien commun.
  2. En tant qu’auteur, je tiens à conserver la totale paternité de mon travail. Je ne confierai jamais à une machine le soin de me fournir des idées, ni la structure narrative, ni le ton d’un texte. Mais je peux tirer parti de son immense pouvoir de recherche pour retrouver des sources par exemple, ou pour lui demander conseil comme on soumettrait un essai à un professeur d’université. Je ne serai pas en accord avec tout ce que ledit prof me dira, mais son regard extérieur me fera voir de nouveaux angles, ce qui ne peut qu’enrichir mon travail.
  3. Si utiliser l’intelligence artificielle contribue directement à enlever du travail à un créateur humain, je suis contre.
  4. On ne mentionne pas avoir utilisé un outil de correction grammaticale. Mais si l’intelligence artificielle t’a écrit un paragraphe et que tu y as changé deux ou trois mots et peut-être une tournure de phrase, tu es en fait le réviseur d’un texte dont l’ia est l’auteur. Dans ce cas, ne pas mentionner sa contribution est malhonnête.
  5. L’apparition de l’intelligence artificielle représente un réel changement de paradigme dans l’histoire de l’humanité, comme l’a été celle de l’ampoule électrique. Le danger est fondamental: si nous cessons d’avoir des idées, parce que la machine le fait pour nous avec tant de diligence, c’est toute la pensée humaine qui disparait. ◼︎
© 2026 Rico Michel – Tous droits réservés