Abstraction et photographie

Abstraction et photographie
Salt Ponds #2a, Near Fatick, Senegal, 2019 (detail) — © 2019 Edward Burtynsky

Bien entendu, l’image photographique ne peut, comme le fait la peinture, aspirer à une abstraction pure. Cela est du à sa définition: elle est un mécanisme qui permet de fixer l’image d’un objet réel¹. Un dispositif optique, comme un objectif ou un sténopé, capte la lumière ambiante et la projette sur une surface photosensible. Cette surface, qu’elle soit une pellicule argentique ou un capteur numérique, va réagir à différents degrés selon l’intensité de la lumière reçue; elle peut ainsi enregistrer l’image momentanément projetée par l’objectif.

Les peintres abstraits ne cherchaient pas à renier la réalité, mais plutôt à faire avancer la peinture en la libérant des contraintes formelles du réalisme. Ils ont dégagé le vocabulaire qui lui était propre en la ramenant à ses éléments essentiels: la matière, la forme, la couleur. La peinture ne devait plus rien au reste du monde: elle valait en elle-même. C’est cette pensée qui sous-tend tout l’art moderne du vingtième siècle. Lire

Adieu, photographie

Adieu, photographie
Daido Moriyama – Sans titre — Image tirée de la série Ombre et lumière, 1982.

«Je voulais aller au bout de la photographie»

Daidō Moriyama publie en 1972 un des chefs-d’œuvres de la photographie moderne: «Shashin yo Sayōnara» (Adieu, photographie). On trouve dans ce livre photo de 308 pages un continuum d’images en noir et blanc à la limite de l’abstraction. Certaines de ces images, selon Moriyama, ont été recomposées à partir de chutes de pellicule trouvées sur le plancher de la chambre noire. L’ensemble est pourtant d’une parfaite cohérence: il repousse les limites formelles de la photographie tout en affranchissant son discours de tout devoir de réalisme. Moriyama, clairement, désirait «aller au bout de la photographie».

Le travail de Moriyama n’est certainement pas facile d’approche pour un observateur occidental. On n’y trouvera pas d’image uniquement séduisante à laquelle on pourrait réduire toute son œuvre. Sa démarche, bien qu’essentiellement urbaine et imprégnée de culture médiatique, reste fidèle à la pensée orientale: elle accorde peu d’importance à l’image individuelle et ne trouve son sens que lorsqu’on l’envisage dans son ensemble. Lire

Une marche avec Daidō

«Je crois que le quotidien est parsemé de petites fentes, des ouvertures qui permettent d’accéder à un autre monde.»
— Daidō Moriyama

images © 2022-2023 Rico Michel

En lisant «Mémoires d’un chien», je me suis imaginé en Kerouac japonais, faisant la route avec Daidō. Nous cherchions à nous égarer dans l’espace-temps, à la recherche de cet état où, privés de nos repères habituels, nous en viendrions à confondre passé, présent, mémoire et imagination. Daidō n’était pas nostalgique. Il ne cherchait pas une image mémorable, mais l’image de la mémoire elle-même.

La tête de l’artiste

Le photographe est un réaliste,
l’artiste est un mystique.”

«La tête de l’artiste» fait le portrait d’artistes montréalais influents et de leur lieu de création. Peintres, sculpteurs, écrivains et musiciens sont photographiés sur pellicule argentique noir et blanc.

images © 2018-2020 Rico Michel Lire

L’œuvre d’une vie

«La photographie est une manière d’apprendre à lire sa propre culture.» — Joel Meyerowitz

J’ai eu l’impression que tout ce que j’avais photographié jusque-là n’était qu’une sorte de répétition, une lente acquisition des outils et de la sensibilité nécessaires pour en arriver à prendre ces photos. C’était l’œuvre de ma vie.”

Christopher Anderson, photographe chez Magnum et collaborateur au New York Times

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